Evénements

Monsieur le Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire ; Monsieur le Premier Ministre de la République de Côte d’Ivoire ; Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ; Madame le Ministre du Plan et du Développement de la République de Côte d’Ivoire ; Mesdames et Messieurs les Ministres ; Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions régionales et internationales; Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Membres du Corps Diplomatique ; Monsieur le Président de la Banque Africaine de Développement ; Monsieur le Directeur Général du Forum des Marchés Émergents; Mesdames et Messieurs les Elus ; Honorables Chefs traditionnels et religieux ; Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations de la société civile et du secteur privé ; Honorables invités ; Mesdames et Messieurs ; C’est avec un réel plaisir que la Côte d’Ivoire accueille à Abidjan les éminentes personnalités du monde économique, financier et politique, à l’occasion de la 5e édition du Forum sur les Marchés Emergents africains. Je suis heureux qu’après l’édition 2013, notre pays ait été une nouvelle fois choisi pour abriter cette importante rencontre d’échanges. Je voudrais donc au nom du Gouvernement, du peuple ivoirien et en mon nom personnel, vous souhaiter la cordiale bienvenue en terre ivoirienne. AKWABA à toutes et à tous ! Ce Forum ouvre la semaine de l’émergence à Abidjan. Il sera en effet immédiatement suivi de la Conférence Internationale sur l’Emergence de l’Afrique. Ces rencontres constituent une opportunité pour mener des réflexions approfondies sur l’avenir du continent africain. Honorable invités, Mesdames, Messieurs, Je voudrais remercier les Organisateurs de ce Forum et plus particulièrement Monsieur Michel Camdessus, Président du Forum des Marchés émergents et Monsieur Harinder Kohli, Directeur Général du Forum des Marchés émergents, pour avoir choisi la Côte d’Ivoire pour abriter la 5ème édition de ce prestigieux Forum. Je voudrais saisir cette opportunité pour rendre un vibrant hommage à mon ami Michel Camdessus (qui n’a malheureusement pas pu se joindre à nous aujourd’hui) et à Harinder Kohli, pour le travail remarquable réalisé à travers le Forum des Marchés Emergents. Ce Forum est devenu, en peu de temps, une plateforme majeure de réflexions et de propositions d’idées au service des leaders et des décideurs à travers le monde. Honorables invités, Mesdames et Messieurs Votre présence à la 5ième édition du Forum des Marchés émergents témoigne de l’importance que vous accordez au développement des pays africains. Elle atteste aussi de votre disponibilité et de votre volonté d’être des acteurs de développement, soucieux de contribuer encore plus fortement à mener notre continent vers le futur auquel nous aspirons tous. Je voudrais vous en remercier très sincèrement. Après le thème "La vision de l’Afrique à l’horizon 2050" traité lors de l’édition précédente, le 11 avril 2016 à Paris, le Forum des marchés émergents a choisi de réfléchir cette année sur le thème «Imaginer l’Afrique dans 40 ans ». Le choix de ce thème est d’un intérêt tout particulier et laisse entrevoir des débats passionnants. Il engage l’Afrique à s’inscrire dans une démarche prospective indispensable à la construction de son avenir. Il est également d’actualité car nos économies traversent des turbulences liées à la volatilité des cours des matières premières et des marchés financiers ainsi qu’à la morosité de la croissance économique mondiale, due notamment au ralentissement des économies des marchés émergents. Toutefois, tous s’accordent à reconnaître qu’avec un taux de croissance économique moyen de près de 5 % par an, au cours de la dernière décennie, l’Afrique est désormais visible sur les cartes économiques. Les réformes macroéconomiques et sectorielles d’envergure, mises en oeuvre dans la grande majorité des pays, les ressources naturelles importantes révélées ou exploitées et les potentialités du capital humain, font de l’Afrique un continent d’opportunités et d’avenir. Ainsi, notre continent apparaît chaque jour davantage comme la Nouvelle frontière du développement, l’avenir de l’humanité. Honorables invités, Mesdames et Messieurs, L’optimisme et surtout le dynamisme observés dans de nombreux pays africains qui aspirent de manière légitime à atteindre le statut de pays émergents d’ici la fin de cette décennie sont encourageants pour l’avenir de l’Afrique. Dans le même temps, des défis persistants traduisent la fragilité de la situation de développement de l’Afrique et l’ampleur des réformes à mettre en oeuvre pour assurer la convergence de l’Afrique vers le reste du monde. S’il est indéniable que le continent fait des progrès, il reste encore des défis nombreux et complexes pour lesquels des actions vigoureuses et déterminantes doivent être entreprises. Le défi démographique est certainement celui auquel il faut s’atteler avec le plus d’énergie. Malgré tous les efforts pour atteindre une croissance performante, si la population continue de croître beaucoup plus rapidement que la production des richesses, il s’ensuit un appauvrissement structurel préjudiciable à la survie du pays. Un second défi est celui de la diversification et de la modernisation de l’agriculture. En effet, le nombre d’habitants du continent devrait croître de plus d’un milliard de personnes à l’horizon 2050, ce qui pose la question de la couverture alimentaire de cette population. Avec des rendements à l’hectare inférieurs à 20% et un déficit annuel d’investissement dans l’agriculture de plus de 10 Milliards de dollars en Afrique subsaharienne, il sera difficile de conserver un secteur agricole compétitif. Par ailleurs, dans une Afrique de plus en plus urbanisée, qui ambitionne d’atteindre des niveaux de compétitivité élevés, le déficit d’investissement dans les secteurs stratégiques tels que le transport, l’énergie, les technologies de l’information, l’eau potable, l’assainissement, les logements, constitue encore un véritable frein vers l’émergence. Aussi, face à la mondialisation de l’économie, il est urgent pour l’Afrique de disposer d’un capital humain de qualité, qui soit en adéquation avec la demande dans les secteurs de l’économie pour tirer durablement la croissance. Le déficit d’investissements observé dans le secteur de l’éducation, pour répondre à ce besoin de ressources humaines, constitue une menace du fait de ses graves conséquences économiques, sociales et politiques. En effet, l’étude réalisée par la Commission internationale sur le financement des opportunités éducatives dans le monde, présidée par M. Gordon Brown, ancien Premier Ministre de Grande Bretagne, indique que, à ce jour, à peine plus de 20% des jeunes d’Afrique subsaharienne ont terminé leur éducation secondaire et moins de 5% des jeunes adultes ont suivi un enseignement supérieur. Honorables invités, Mesdames et Messieurs, Quelle Afrique en 2060 ? Les progrès indéniables réalisés par le continent africain au cours des 50 dernières années et les défis majeurs que nous venons d’énumérer plantent le décor. Au cours des 40 prochaines années, d’immenses opportunités se présenteront à l’Afrique tout comme elle fera face à des menaces certaines qui vont jalonner son parcours. L’intelligence de nos choix, la volonté politique que nous saurons affirmer, le leadership dont nous saurons faire preuve pour opérer les bons choix détermineront ce que réserve 2060 à chacun des pays de notre continent. C’est en cela que des initiatives telles que ce forum de haut niveau, où se mène la réflexion sur nos préoccupations, nos défis et nos ambitions communes, sont à saluer et à multiplier afin que cela serve de lanterne à chaque pays ainsi qu’au continent africain dans son ensemble. Honorables Invités, Mesdames et Messieurs, Dans 40 ans, la révolution des sciences et de la technologie, en particulier dans les domaines de l’information et de la communication, de l’intelligence artificielle et de la biologie transformeront profondément nos modes de vie et nos économies. Pourtant, c’est ce futur qu’il nous faut imaginer et anticiper aujourd’hui afin de nous y préparer. Pour ce faire, nous devons accroître les efforts déjà entrepris par nos économies dans de nombreux domaines, avec un accent tout particulier sur la préparation de nos jeunes générations grâce à un système éducatif de qualité exceptionnelle. Cette formation devra se concentrer sur les secteurs de la science et de la technologie. En effet, c’est par l’intégration de la science et de la technologie dans les modèles de production et d’organisation que l’Afrique saura faire face aux défis futurs, notamment ceux liés au réchauffement climatique, à la disponibilité d’énergie renouvelable abondante, à l’autosuffisance alimentaire, à la santé pour tous, à l’industrialisation et à l’emploi. C’est en investissant de façon judicieuse dans la science et la technologie que nos pays pourront saisir les nouvelles opportunités et rattraper rapidement notre retard, tout en nous permettant d’atteindre un niveau de compétitivité compatible avec les enjeux économiques de notre temps. Nous devons également poursuivre nos efforts dans des domaines aussi essentiels que : - la transformation structurelle des économies africaines et l’orientation vers la diversification et une industrialisation plus poussée ; ce qui favorisera une meilleure insertion dans les chaines de valeurs mondiales. Il s’agit en effet, d’agir pour bâtir des économies résilientes, capables de résister aux différents chocs économiques ; - l’amélioration de la productivité pour une croissance inclusive et durable; - la mobilisation des ressources nécessaires aux investissements afin de réduire les déficits en matière d’infrastructures de transport, d’énergie et de technologies de l’information ; - la consolidation de l’intégration régionale et continentale afin de tirer profit de l’énorme marché d’une population de plus en plus solvable ; - et, enfin, l’amélioration de notre capacité à assurer la sécurité des personnes et des biens, à développer une capacité à lutter contre le nouveau fléau qu’est le terrorisme et à consolider la culture de la paix, source de stabilité. Honorables invités, Mesdames et Messieurs, Je me félicite, d’ores et déjà, de ce que ces défis soient bien perçus par les dirigeants politiques africains qui se sont à nouveau engagés, à l'occasion du Jubilé d’or de l'Union Africaine, à oeuvrer pour « une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale ». A cet égard, l’Agenda 2063 qui se veut être un plan pour la transformation structurelle de l'Afrique est un outil majeur de réformes et d’actions à mettre effectivement en oeuvre. Il s’appuie sur les enseignements tirés des expériences mondiales en matière de développement, notamment sur les avancées significatives réalisées par les grands pays du Sud pour sortir des pans entiers de leurs populations de la pauvreté, améliorer leurs revenus et catalyser la transformation économique et sociale. Au niveau de la Côte d’Ivoire, le processus d’émergence dans lequel s’est engagé notre pays dans le cadre de son Plan National de Développement, met un accent tout particulier sur la transformation de nos produits agricoles, le développement de nos infrastructures et l’énergie ainsi que la création d’emplois pour les jeunes. Honorables invités, Mesdames et Messieurs, A la question « Quelle Afrique en 2060 ? », je pourrais donc répondre modestement : « une Afrique qui a maitrisé sa croissance démographique de sorte à tirer profit de son dividende démographique pour son développement ; une Afrique dont l’économie dépend beaucoup plus de ses produits industriels et de ses services modernes que de ses matières premières ; une Afrique où affluent les investisseurs car trouvant sur place des infrastructures de qualité, des populations bien formées, en bonne santé, vivant en paix ; une Afrique qui dispose de moyens pour garantir la sécurité des investissements, des personnes et des biens, mais aussi pour faire face aux menaces terroristes persistantes». Honorables invités, Mesdames et Messieurs, C’est surtout cette conviction que je voudrais partager avec vous, car je suis convaincu qu’elle s’inscrit dans la droite ligne de notre volonté commune, celle de voir le continent africain émerger rapidement et prendre la place qui est la sienne dans le monde de 2060. Je voudrais vous remercier d’avance de votre engagement à traduire cette volonté commune en actions concrètes, à travers des échanges francs et fructueux durant ce forum. Puisse ce forum être riche en réflexions et en orientations afin que ses conclusions soient une source intarissable d’inspirations pour nous-mêmes, mais surtout pour les générations à venir qui auront la lourde responsabilité d’être prêtes au rendez-vous de 2060. Je voudrais clore mon propos en déclarant ouvert, le 5e forum des marchés émergents portant sur le thème "Imaginer l’Afrique dans 40 ans". Je vous remercie.
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Le Ministre des Affaires Etrangères, S.E.M. Marcel AMON-TANOH, était l’invité principal d’un débat de haut niveau coorganisé par la Mission Permanente de Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies et l ’International Peace Institute (IPI) le mardi 11 avril 2017, au Diplomat Ballroom de l’Hotel Millenium Plaza à New York. Ce débat était organisé dans le cadre de la campagne pour l’élection de la Cote d’Ivoire a un siège de membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ont également pris part ce débat, en qualité de panelistes : Mr. Jean Pierre LACROIX, Directeur des Operations de maintien de la paix des Nations Unies (DPKO) ; Le Professeur Elisabeth Lyndenmayer, Directrice des Etudes des Organisations Internationales et des Nations Unies a l’Ecole des relations internationales (SIPA) de l’Université de Columbia. Devant un parterre d’environ 130 invités composé de Représentant Permanents des Etats Membres de l’ONU, de représentants du monde universitaire, et d’amis de la CI, le Chef de la Diplomatie ivoirienne a fait un exposé qui a mis en exergue, les réformes engagées par le Gouvernement ivoirien, notamment à partir de 2012, pour réussir le processus de sortie de crise, et parvenir à la levée du régime des sanctions ainsi qu’à la clôture de l’ONUCI. Il a mis un accent particulier sur les objectifs poursuivis par le Gouvernement à savoir : Asseoir la réconciliation nationale et la cohésion sociale. Reconstruire les Institutions chargée de la sécurité et de la défense et assurer la paix et la stabilité du pays. Renforcer l’Etat de droit, protéger et promouvoir les droits de l’homme 1/ L’existence d’un Accord et d’un processus politiques crédibles. La réussite de l’ONUCI s’explique en amont par la qualité de l’Accord Politique de Ouagadougou (signé le 4 mai 2017), et des Accords précédents qui ont chacun apporté un élément décisif à la paix ; 2/ L’établissement d’un véritable « partenariat » entre l’Opération de maintien de la paix et le Gouvernement, basé sur l’entente et la confiance mutuelle. L’Opération de maintien de la paix n’a pas vocation à se substituer au gouvernement mais à le soutenir dans un contexte de confiance, afin d’éviter qu’il la considère comme partie au conflit. Ce « partenariat » s’est établi entre le Gouvernement et l’ONUCI à partir de 2011-2012, et a conduit au succès de la sortie de crise. 3/ L’unité, la fermeté du Conseil de Sécurité et la mobilisation de la communauté internationale, pour faire respecter les résolutions du conseil de sécurité ou l’Accord de paix, y compris par l’usage de la force. L’adoption du mandat de certification de l’élection présentielle de 2010 et le respect du résultat du scrutin, n’auraient pas été possibles sans la mobilisation internationale et la fermeté du Conseil de sécurité. 4/ Une très forte appropriation nationale de la sortie de crise, grâce à la volonté politique, le leadership des plus hautes autorités et à la capacité financière de l’Etat. Le leadership du Président de la République a permis la réussite du DDR, de la RSS et de la Réconciliation nationale ; 5/ La coopération étroite avec les institutions régionales (CEDEAO, UA) et les pays voisins. Elle permet de créer un environnement politique et sécuritaire régional favorable à la sortie de crise, notamment sur les questions des réfugiés et de sécurisation des frontières. Par ailleurs, elle a permis la mobilisation de contingents régionaux bien adaptés au terrain. Au terme de son exposé, le Ministre AMON-TANOH a conclu que, à ses yeux, le succès de l’ONUCI tient en grande partie à la symbiose entre elle (ONUCI) et le Gouvernement dans la mise en œuvre des différentes actions de sortie de crise, aux excellentes relations personnelles existant entre le Président de la République, ses principaux Ministres et la Représentante spéciale du Secrétaire général (tout comme avec son prédécesseur) mais aussi avec les dirigeants du département des Opérations de maintien de la paix. Toutefois, a-t-il insiste, les relations de confiance et de compréhension mutuelle entre le Président de la République et le Secrétaire général des Nations Unies constituent la clé de voûte de ce succès. Il a terminé en affirmant que les leçons que notre pays a tirées de l’action de l’ONUCI et de notre propre engagement dans le cadre de la sortie de crise, vont certainement aider à renforcer l’efficacité des Opérations de maintien de la paix, et à mieux organiser les priorités des pays en sortie de crise. C’est pour toutes ces raisons, et afin de partager notre expérience avec la communauté internationale, que la Côte d’Ivoire est candidate à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2018-2019.

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