
THÈME : « Garantir et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles, notamment par la promotion de systèmes juridiques inclusifs et équitables, l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, ainsi que la levée des obstacles structurels ».
Madame la Présidente,
La Côte d’Ivoire souscrit à la déclaration faite par le Mali au nom du Groupe africain et voudrait à titre national ajouter ce qui suit :
Cette 70ème session se déroule dans un contexte international marqué par des crises multiformes dont les conséquences impactent énormément la condition des femmes et des filles, qui continuent de faire face à des obstacles juridiques, économiques, ou socio-culturels limitant ainsi l’exercice effectif de leurs droits. Pourtant, l’accès à la justice est un droit universel et fondamental.
Madame la Présidente,
Pour mon pays, l’accès des femmes et des filles à la justice requiert un cadre législatif moderne et renforcé, une mise en place d’infrastructures d’accueil dédiées et une action d’Organisations spécialisées.
C’est pourquoi, conformément aux textes internationaux, la Côte d’Ivoire a pris de nombreuses lois pour réduire les inégalités de genres et renforcer la protection des femmes et des filles. Parmi ces mesures phares figurent :
- La protection constitutionnelle, prescrivant l’égalité des sexes et interdisant toute discrimination à l’égard des femmes ;
- la répression pénale, allant jusqu’à les Mutilations Génitales Féminines jusqu’à 20 ans de prison en cas de décès de la victime ;
- la parité politique, imposant un quota de 30% de femmes sur les listes électorales avec un financement public supplémentaire pour les partis politiques atteignant 50% de candidates.
A cela, il faut ajouter des mécanismes de prise en charge notamment :
- Les Plateformes VBG, qui offrent une prise en charge judiciaire aux survivantes de viol ;
- les centres d’accueil qui offrent un refuge et accompagnent les femmes et filles ; et
- les Cliniques juridiques, qui informent les femmes sur leurs droits et les accompagnent dans leurs démarches judicaires.
Madame la Présidente,
Malgré ces avancées notables, des défis structurels que sont les barrières socio-culturelles et les pressions communautaires persistent et freinent l’action judiciaire des femmes. Il en est de même de leur sous-représentation aux instances, justifiée par l’absence de sanctions réelles infligées aux partis politiques qui ne respectent pas leurs engagements.
A cet égard, l’État ivoirien continue de travailler avec les différentes parties afin de surmonter ces obstacles par la sécurisation foncière, le renforcement du cadre légal imposant le quota de 30% des femmes, la reformes du Code Pénal et Civil avec l’intégration de la répression des Mutilations génitales féminines et l’interdiction des mariages des mineures, ainsi que l’amélioration du statut de la femme en matière de succession.
Madame la Présidente,
Pour conclure, la Côte d’Ivoire demeure résolue à jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre de politiques inclusives, innovantes et ambitieuses, afin que chaque femme et chaque fille puisse pleinement exercer ses droits et contribuer au développement durable et inclusif de notre société.
Je vous remercie.